Que se passe-t-il en Grèce ?

En Grèce, comme en France, les lycéens sont dans la rue. Et on nous raconte, à longueur de médias, que c’est en réponse à la police qui a, suite à une « bavure » policière, tué un jeune.

Comme les émeutes semblent durer, les journalistes se penchent plus « sérieusement » sur la question. Il ressort alors de leurs investigations que les jeunes Grecs – et apparement les moins jeunes qui les soutiennent- se rebellent contre un Etat corrompu, archaïque. Ca m’interroge, le coup de l’Etat archaïque. On me l’a trop fait avec les « ringards » français qui refusaient l’entrée dans la moderne Europe…

Alors je regarde de plus près !

La Grèce est entrée dans l’Union européenne. Evidemment aux forceps avec la politique de « modernisation » menée par leur parti dit socialiste, le PASOK. Résultat : des salaires parmi les plus bas de l’Europe (mis à part ceux des anciens pays de l’Est), faible protection sociale, Etat, effectivement, peu protecteur, et aggravation du chômage… Cette montée du chômage de masse touche les jeunes et en particulier les jeunes diplomés… qui n’ont rien à perdre et qui manifestent violemment !

En fait, on a voulu nous faire croire que les Grecs se mobilisaient contre un Etat ringard qui avait des difficultés à se mettre à la modernité européenne alors qu’on assiste à la première révolte d’ampleur contre le libéralisme des différents gouvernements européens, même quand ils se cachent derrière la soi-disant nécessité (la fatalité ?) européïste et qu’ils s’affublent, en le dévoyant, du beau nom de socialiste !

Darcos recule.

La mobilisation du monde enseignant et des lycéens a fait reculer le gouvernement : Darcos, mais au delà Sarkozy, ont reporté la réforme du lycée.

C’est une bonne chose, mais il ne faut pas réver : report n’est pas retrait. Et on peut, hélas, raisonnablement penser que le couple Darcos-Sarkozy reviendra à la charge dès que, pour lui, la situation sociale sera meilleure.

Je ne pourrais mieux exprimer ma position sur cette question qu’en publiant le communiqué de mon camarade Michel Vignal :

« Suite à la mobilisation des lycéens et des professeurs, l’application de la réforme du lycée a été reportée d’un an par le couple Darcos-Sarkozy. C’est un recul. Il faut obtenir le retrait de cette réforme d’inspiration libérale.
Le MRC constate en effet que cette réforme vise à réduire fortement le nombre d’heures de cours donnés aux élèves, afin de réduire encore le nombre de postes d’enseignants. Ce sont pourtant près de 60 000 postes de personnels de l’éducation nationale qui ont été supprimés depuis cinq ans, et 13 500 sont déjà prévus au budget 2009.
Cette réforme mettrait en cause la diversité et la qualité des connaissances transmises car elle organise une baisse de 15 à 20%, selon les options ou modules à dominantes choisis, du temps consacré à l’enseignement des savoirs des différentes disciplines. Véritable « usine à gaz »du fait de sa complexité, elle ne faciliterait pas l’orientation des lycéens, en particulier ceux issus des milieux sociaux les plus démunis culturellement.
En outre, en développant l’autonomie de chaque lycée pour la mise en œuvre de la réforme, elle va renforcer l’application du principe de concurrence à tous les niveaux, à l’intérieur de chacun d’eux dans le choix des nouveaux modules d’enseignement et des disciplines, et à l’extérieur entre les établissements eux-mêmes dont l’inégalité, déjà présente, va s’accroitre avec cette nouvelle logique libérale. L’individu consommateur sera visé, bien loin de l’idéal de l’élève apprenti citoyen tel que l’a conçue l’école républicaine.
Xavier Darcos veut faire le « lycée light » : allègement des horaires, allègement des connaissances acquises, allègement de l’encadrement professoral, seraient le résultat de cette réforme si elle aboutit.
Le MRC est partisan d’un lycée structuré assurant une solide maitrise des différents savoirs. Un lycée déjà diversifié par l’existence des voies d’enseignement général, technologique et professionnelle entre lesquelles il faut développer les passerelles permettant aux élèves d’évoluer et de se réorienter.
Surtout, le lycée doit retrouver partout qualité et exigence afin de préparer un baccalauréat qui doit rester un examen national anonyme d’un niveau suffisamment exigeant. Toutes les disciplines scolaires actuellement enseignées doivent y garder leur place car elles sont constitutives de cette culture générale qui doit être commune à tous les élèves afin de leur offrir les meilleures chances de réussite à l’université ou dans la vie professionnelle.
« 

Vous avez mal voté ! Recommencez !

Les Irlandais ont refusé le traité de Lisbonne. Ils n’avaient d’ailleurs fait que confirmer les refus des peuples français et hollandais.

Pour contrer les Français et leurs amis Hollandais qui avaient, eux, dit NON au projet de TCE, on avait inventé le traité de Lisbonne, lequel prétendait tromper les peuples en donnant un look plus assimilable à la constitution rejetée… Mais on s’était bien gardé de re-consulter ceux qui n’en avaient pas voulu. A la rigueur, on pouvait le permettre aux autres. Certains gouvernements laxistes ont donc soumis Lisbonne à référendum. Las, ce qu’on n’avait pas prévu arriva : les Irlandais se mirent debout et dire NON.

La commission européenne a tranché : le gouvernement irlandais devra faire revoter son peuple. Et s’il confirmait son refus malgré toutes les pressions dont il va être l’objet ? On lui déclare la guerre ?

Toujours plus pour le « grand capital » !!!

Il vaut mieux en rire : un sénateur UMP  a déposé un amendement qui permettra aux boursicoteurs malheureux de déduire leurs pertes de leurs revenus 2008 lors de leur déclaration fiscale.

Et les salariés paieront bravement, eux qui n’ont pas de moyen de frauder le fisc, (sport que d’ailleurs il faut réprouver et combattre en musclant l’administration des impôts…).

Bref, sans aucune pudeur, la droite continue, après le bouclier fiscal, à faire payer les pauvres et protéger les riches. En fait, elle est dans son rôle. Et la question est plutôt : que fait la gauche ?

La Commission Européenne bloque le plan de soutien aux banques françaises !

Je me suis beaucoup amusée ce matin en regardant le journal de France 2 dans l’émission Télématin : Monsieur Baroso y faisait part de son inquiétude…

Pensez donc  ! Voila que les différents gouvernements des pays européens essaient, chacun chez soi, de limiter les conséquences de la crise financière sur l’économie réelle. Et qu’entre autres, en France, Sarkozy et son gouvernement veulent mettre sur pied un plan de soutien aux banques françaises.

Oh, il ne s’agit pas de nationaliser quelques banques et de réinjecter un peu de souffle dans une ou deux de nos industries (pour celles qui restent). Non, non, simplement de permettre aux banques qui vont moins mal que d’autres de se réassurer les unes les autres et éventuellement de permettre aux ménages comme aux entreprises d’avoir recours à l’emprunt…

C’est déjà trop pour la commission européenne qui a immédiatement bloqué ce plan d’aide au nom du dogme de la concurrence libre et non faussée.

Comme le disait Monsieur Baroso : « Imaginez que chaque pays fasse ce qu’il veut dans son coin !« . C’est vrai ça : Imaginez que les gouvernements se mettent à gouverner dans l’intérêt de leur peuple ; ça s’rait la chienlit ! Et pourquoi pas la démocratie, pendant qu’on y est !

Femmes : quand les écolos sont rétrogrades…

Il m’arrive de m’ennuyer en Conseil de Paris (non, ce n’est pas vrai : jamais !) alors je lis « Marianne« . Dans celui de cette semaine (N°605), je vous invite à découvrir, page 77, l’article intitulé : « Quand l’écologie renvoie les femmes à la maison« .

Attention, cet article est polémique : ne pas le prendre au pied de la lettre ! Cependant j’ai tendance à inviter nos amis écolos à réfléchir sur les conséquences de leurs analyses poussées à leur terme. Elles peuvent devenir réactionnaires en matière sociale. Isabelle Saporta soulève dans cet article le danger qu’elles le soient aussi sociétalement !

Projet d’intervention au Conseil National du M.R.C. du 23 novembre 2008

Il n’y a pas si longtemps que nous tenions notre congrès. Nous nous sommes fixés comme but la (re)construction d’un grand parti de toute la gauche. On ne manque pas d’ambition, c’est bien. Mais il n’est pas sûr qu’on avait prévu qu’en ce jour du 23 novembre 2008 la situation à gauche en serait là !

Un parti socialiste bloqué, coupé en deux, enfin au moins en deux.

Je ne reviendrai pas sur les textes des motions. Terriblement décevants pour les 3 premiers d’entre-eux. Pas à la hauteur de l’enjeu à proposer à la France et aux Français pour sortir notre pays de l’ornière. Un langage quelque peu SFIO avec de grandes déclarations à gauche et des propositions de moyens totalement en décalage. Pas de véritable volonté de lutter contre le capitalisme financier et pas de réelle remise en cause de son outil principal : la construction européenne. L’un des leaders de motion, qui a pris une sacrée claque –en oubliant à la fois que toute la France n’est pas boboïsée et qu’un congrès socialiste se gagne à gauche- est même allé jusqu’à affirmer son allégeance au social-libéralisme ! Pour les deux autres, Aubry promeut des objectifs en déphasage pour ne pas dire en divergence avec les moyens proposés et Royal affiche des évolutions de forme et, comme d’habitude, constance dans l’inconstance, le flou ou les incohérences sur le fond. Restait Benoit Hamon. Personnellement, j’ai ressenti comme un véritable espoir cette tentative de réunion de la gauche du PS. Même si, en y réfléchissant bien, le pari était difficile : de grands tenants du NON, Montebourg ou Fabius, avaient choisi une autre stratégie et un autre camp.Aujourd’hui Benoît Hamon, dont la motion est affaiblie et divisée, a choisi le soutien à Aubry… sans un franc succès d’ailleurs.Exit donc l’idée de travailler avec une alliance Royal-Hamon, relookage de la présidentielle sur la forme, recentrage à gauche sur le fond.

Pour reconstruire un grand parti de gauche il faut des partenaires.

Alors, quel attelage ?

  • Aubry/Fabbius/Strauss-Khan/Delanoë, vainqueurs ( ?) aux points (aux poings ?) mais pour combien de temps ? Sur quelles bases ? Celles de Fabius ou celles de Strauss-Khan ? Celles de Aubry ou celles de Delanöé ? Ils sont d’accord sur l’essentiel mais ils se détestent et ne s’en cachent pas. C’est le «  TSS  » qui les a réunis.
  • Du côté de Royal, Peillon peut être séduisant mais Montebourg n’a pas de boussole et Valls n’a rien à envier à Delanöé sur le plan du social-libéralisme.

On me dit, ici et là, que se pose la question de la nature du PS. Ce que fait Ségolène Royal séduit certains : l’appel à l’électeur par dessus la tête des appareils. Cela fait peur à d’autres qui pensent que cette forme de démagogie augure plus d’un parti démocrate à l’américaine, souhait d’ailleurs affiché de Valls.

Alors je m’interroge. Le recours direct au peuple a participé à l’enthousiasme de la candidature Obama aux Etats-Unis. Lequel Obama est plutôt kénésien ce qui n’est vraiment pas pour me déplaire en la circonstance. Je suis de celles et ceux qui croient au rôle de l’Etat dans l’économie… et je crois que le peuple – le peuple français en particulier – le souhaite.

Pour moi, le changement de nature du PS ne se situe pas là. Il se situe dans le décalage entre ce qui devrait être sa base sociale et la réalité. Il se situe dans le fait qu’il confond depuis longtemps modernisme et progrès et, par là, boboïtude et défense du peuple. Il se situe dans le fait que les ouvriers et plus généralement les salariés ne votent plus pour lui ou seulement par défaut.

Et je reviens à notre question de départ : comment construire le parti de toute la gauche ? Eh bien mes camarades, avec patience.

Je ne suis pas de celles, après 30 ans de militantisme, qui poseront leur balluchon et baisseront les bras. Avec patience et tenacité donc. En exposant nos fondamentaux au paysage politique tel qu’il est et non tel que nous aimerions qu’il soit.

  • Avec les deux grandes factions du PS qui comportent en elles, on le sait, des éléments qui sont sensibles à nos questions.
  • Avec le PCF, qui évolue et qui prend en compte les évolutions du paysage politique qui l’entoure. Sa nouvelle direction n’est pas encore élue. Il est probable que ce sera Marie Georges Buffet peut-être parce qu’elle le veut, peut-être aussi pour que les dissonnances internes ne se montrent pas au grand jour. Mais il n’est pas complètement inenvisageable que de nouvelles têtes apparaissent. Pierre Laurent tenait encore la corde il y a peu de temps, mais également Dartigolles ou Bessac. Bref ce n’est plus l’ère Robert Hue et il nous faut en tenir compte.
  • Enfin il y a la dissidence Melenchon. On ne peut la passer pour pertes et profits ; elle est un des rares aspects intéressants du congrès de Reims…. Et elle nous renvoie à notre propre aventure. Peut-être en mieux préparée : PRS avait déjà toutes les structures d’un parti et en particulier un vrai réseau de militants enthousiasmes, motivés et très présents, que beaucoup d’entre-nous ont découvert et vu à l’œuvre en 2005.

Leur pari est double :

* attirer les militants sincères du PS qui ne supportent plus ce qu’est devenu leur parti -et il y en a dans diverses sensibilités-, en particulier ceux que le ralliement de Benoit Hamon à Aubry ne séduit pas.

*attirer tous les Français sans attaches partidaires, qui s’investissent dans les différents collectifs par exemple ou dans les luttes sociales, en tous cas qui appellent de leur vœu la création d’un parti vraiment de gauche, vraiment alternatif à la politique menée par Sarkozy. Croyez-moi, la part de marché existe ! Réussiront-ils à la mobiliser ? Et que faisons-nous par rapport à ça ? Ils sont sur un créneau qui est en partie le nôtre. Pouvons-nous participer à cette mobilisation ? Ca mérite d’être réfléchi !

La stratégie de ce nouveau parti de gauche interfère avec la nôtre. Ils veulent profiter des élections européennes pour créer un rassemblement de style «  front des non  », une force qui compte à gauche.

Leur stratégie est donc celle de la main tendue au PCF et à nous-mêmes, MRC. Le PCF y a répondu positivement. Il a même modifié sa déclaration politique en conséquence lors de son congrès.

Pour nous, je le pense, l’interrogation est réelle.

Pour un tas de raisons :

1/ les élections européennes sont pour le MRC identitaires, je ne m’attarderai pas ;

2/ le parlement européen n’a pas de poids décisionnaire sur la vie politique française et ne nous oblige donc pas à des accords «  classiques  » comme pour les législatives, les régionales, les municipales qui ont des conséquences immédiates en nombre d’élus. Et puis il n’est pas certain, étant donné les exigences très raisonnables du PCF – 2 élus sortants, 2 élus entrants- qu’obtenir un élu MRC dans ces conditions soit strictement irréaliste.

3/l a question de la longue marche pour la reconstruction d’un grand parti de toute la gauche semble aujourd’hui s’imposer… Alors, cette longue marche ne passe-t-elle pas par l’étape de la construction, aux côtés du PS, d’une force crédible et attractive ?

On ne peut balayer cette éventualité d’un revers de main.

Après le congrès de Reims…

Ouf ! Le moins qu’on puisse dire c’est que ça décoiffe au Parti socialiste ! Les militants ont une drôle de façon de mettre les pieds dans le plat.

-La motion « Delanoë » qui n’espérait pas moins que d’être majoritaire au 1er tour réduite à 25% et éliminée de la course au fauteuil de Premier secrétaire après le week-end rémois.

-La motion « Aubry », comme la précédente, soutenue par nombre d’éléphants, ne fait pas non plus un score mirobolant. Par contre, elle jouera plus futé à Reims et Martine, de retour à Lille, peut gérer son annonce de candidature : Bertrand est obligé de la soutenir et elle a une bonne chance finale de gagner.

-La motion de la gauche du PS, derrière Benoit Hamon, atteint un score intéressant de près de 20% ; elle est la seule à avoir porté un discours de gauche cohérent ; cependant beaucoup de militants du non de 2005 n’ont pas voté pour elle, piégés par les éternelles luttes de clans du PS.

Alors maintenant ?

D’abord laisser passer l’élection du Premier Secrétaire ; la parole libre sera redonnée aux adhérents et qu’en feront-ils ? La réforme Jospin des statuts du PS a déconnecté le choix du Premier Secrétaire d’un (éventuel) accord sur la ligne politique….  C’est étrange mais c’est ainsi.

Mais au fond est-ce aussi grave ? Car malgré quelques renforts (de gauche ?),  comme Fabius ou Quilès, en quoi la motion Aubry était-elle moins sociale-libérale que la motion Royal ? Toutes les deux acceptent la construction libérale de l’Europe comme non seulement inéluctable mais souhaitable, alors quelles sont donc les marges de manoeuvres qu’ils se trouveraient pour mener, s’ils parvenaient au pouvoir en France,  une politique de reconstruction économique et sociale ? La question de l’alliance avec le Modem (à Lille ou au gouvernement) n’est alors qu’un épiphénomène : les convergences sur le fond sont déjà présentes !

J’entends dire que c’est de la nature du PS dont il est question. Qu’avec Royal, c’est la fin du parti traditionnel, c’est le triomphe du parti à l’américaine. On s’adresse aux adhérents de base, mieux, directement aux électeurs par dessus la tête des responsables. On n’a plus un parti de militants  mais un partis de fans, d’adorateurs. Oui… peut-être mais juste deux remarques :

-la première : est-on sûr que la gauche a encore des partis de militants capables de réflèchir et d’agir, … les deux, … ensemble ?

-la deuxième : cessons donc de mépriser l’appel direct au peuple ; aucun parti de gauche n’a un bilan qui lui permet de donner ainsi des leçons ! Et puis, l’appel direct au peuple n’a-t-il pas permis la victoire d’Obama aux Etats-Unis ? Ne mettons-nous pas quelques (petits) espoirs en la chose ?

Pour moi, le changement de nature du Parti socialiste ne se situe pas à ce niveau. Il est plus grave et plus profond.

D’abord, ce parti « socialiste », ne croit plus dans le socialisme : le rôle de l’Etat, celui de la Nation, le service du peuple, … balancés aux orties au profit du capitalisme, horizon indépassable, qu’il est presque révolutionnaire de prétendre « réguler ».

Ensuite, quelle est la base sociale de ce parti lorsque les ouvriers, plus généralement les salariés, ne croient plus en lui, ne votent plus pour lui. Un parti socialiste se définit d’abord par ceux qu’ils représentent.

C’est pour moi cela la vraie question sur la nature du parti. Et j’ai bien peur que le congrès de Reims ne se soit même pas posé la question !

 

Obama, … encore !!!

Je ne résiste pas au plaisir de publier ci-dessous une analyse de mon ami  -et néanmoins camarade- Claude Nicolet.

Le 18 mars dernier, Barack Obama a prononcé un discours à Philadelphie dont l’importance fera probablement date.

Le sénateur Obama, candidat à la candidature pour l’élection présidentielle aux Etats Unis d’Amérique était dans une situation difficile suite à certaines déclarations du révérant Jeremiah Wright, dont il était très proche. Cet homme a en effet eu des propos très durs sur la politique intérieure et étrangère des Etats Unis plaçant Barak Obama en situation délicate. Se démarquant clairement des propos du pasteur, il a néanmoins refusé de le renier en affirmant «  qu’il portait en lui les contradictions de la communauté  »

Ce qu’il y a de passionnant et de remarquable dans ce discours, c’est qu’il procède d’un double mouvement. Il est à la fois une déconstruction et une mise en perspective permettant de produire une vision politique.

Il s’inscrit tout d’abord profondément dans l’histoire de ce pays sans en rejeter les contradictions, en particulier le «  pêcher originel  »de l’esclavage en décalage complet avec la déclaration d’indépendance. Cette inscription dans l’histoire et dans le volontarisme que cela sous entend, doit selon lui inciter à l’action. Rien n’a été donné, il a fallu se battre pour conquérir les droits civiques et civiles, lutter contre les discriminations pour «  réduire l’écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité du temps  ». Le souhaitable est possible à condition de le vouloir pour tous car il ne peut se réaliser au détriment de l’Autre.

Il pose ainsi clairement la question raciale dans un long préambule à son intervention comme préalable à la bonne compréhension de la réalité américaine qu’il ne faut pas chercher à récuser. Rappelant un certain nombre de vérités sur la société américaine, ses inégalités et les violences qu’elles engendrent. Mais «  on ne peut ignorer la problématique de la race  » dit il, elle est profondément enracinée dans l’identité du pays

Cependant cette violence ne doit rien au hasard mais plutôt au résultat de l’histoire et des politiques qui furent menées aux Etats Unis d’Amérique. Ce pays porte en lui ces immenses contradictions et il ne sert à rien d’essayer de les nier ou de les contourner. Pratiques inégalitaires dans tous les domaines n’ont eu comme résultat que «  l’échec et le gâchis comme expérience légués aux générations futures  ». Dès lors, le racisme devenait une «  définition du monde  ». La «  colère noire  » ne peut être comprise sans cela, et le révérant Wright porte en lui cet héritage.

Mais la force du discours d’Obama tient au fait qu’il analyse aussi les raisons de la «  colère blanche  » venant des milieux populaires ou de la classe moyenne qui n’avaient pas le «  sentiment que son appartenance raciale était un privilège  ». Face à la discrimination positive, face aux aides sociales dont les blancs se sentaient exclus, face à ce qu’ils ressentaient comme une injustice et une inégalité, surtout pour ceux qui ne sentent en rien responsables des crimes esclavagistes. La rancœur est grande et c’est sur ce terreau que la coalition néo libérale puis néo conservatrice s’est bâtie.

Il réussi à déconstruire et à expliquer au peuple américain, les maux dont souffrent sa société.

Dès lors il faut voir en face les «  vrais problèmes : une culture d’entreprise où les délits d’initiés, les pratiques comptables douteuses, la course aux gains rapides sont monnaie courante, une capitale sous l’emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d’une minorité de privilégiés (…)° qu’il est temps maintenant de parler des écoles délabrées qui dérobent leur avenir à nos enfants, des urgences médicales aux files interminables et d’un système de santé qui s’effondre, des usines qui ont fermées leurs portes, des maisons qui sont à vendre, des entreprises qui délocalisent dans le seul but de faire du profit  ».

Ce faisant, il subordonne en fait la question raciale à la question sociale et à l’organisation sociale de la société américaine. Il propose alors de mettre en place un projet politique qui permettrait à l’individu de se réaliser et de s’émanciper en tentant de s’affranchir du déterminisme racial qui l’entrave tout en «  assumant le passé sans en être victime  ». Il ne s’agit pas d’une alliance des races mais bien d’une réflexion sur les structures économiques et sociales de la société américaines.

Le fait de voir revenir sous cette forme la question sociale au premier plan du discours d’un responsable politique américain qui peut devenir Président des Etats Unis d’Amérique, traduit incontestablement une évolution dans le rapport de force idéologique dans ce pays, mais aussi dans le monde.

Certes, Barack Obama est ancré dans la religion et y fait référence en permanence, certes son approche très rapide du conflit israélo palestinien est contestable, mais assurément un discours différent en terme d’analyse politique, économique et sociale est apparue.

C’est donc en abordant de front ces questions économiques et sociales qui constituent selon Obama le cœur des problèmes de la société de son pays, que l’on pourra aller «  vers une union plus parfaite  ». Mais qui ne peut se faire qu’à la condition que chaque citoyen, entame le travail de perfection qui permettra à l’ensemble du peuple de prendre ce chemin. Car «  les rêves des uns ne doivent pas se faire au détriment du rêve des autres  ».

Il faut prendre la mesure des chocs qui sont entrain de se produire, crise économique et financière commencé cet été aux Etats Unis, contagion sur toutes les places boursières qui légitime à nouveau l’idée de nationalisation, effondrement de l’immobilier et d’une partie du crédit, renchérissement du coût de l’énergie et des matières premières, instabilité internationale majeure dans la corne de l’Afrique, en Irak, dans le Proche-Orient, en Afghanistan, tensions avec la Russie suite à l’extension de l’OTAN et à l’indépendance du Kosovo…La liste est longue

La question de la place et de la fonction de l’Etat va redevenir une question politique majeure dans les mois et les années à venir pour apporter de la régulation et de la sécurité aux citoyens. Pour qu’ils puissent vivre dans des sociétés ou ne règne pas seulement la loi du plus fort.

Ce sont ces grands mouvements qu’il faut être aujourd’hui en capacité de percevoir pour bâtir de grands projets politiques éventuellement à l’échelle d’un continent mais aussi à coût sûr, cohérent au niveau mondial. C’est à cette échelle là qu’il faut désormais se placer.

Le congrès du PS

Ainsi donc les adhérents du PS ont voté…

Et il y a eu quelques surprises !  D’abord Ségolène Royal est en tête. Devons-nous nous en étonner ? Il faudrait ne pas avoir remarquer la réussite du Zénith. Les « éléphants » traditionnels (Martine Aubry et Bertrand Delanoë mais également ceux qui les soutiennent : Hollande ou Fabius par exemple) ne sont plus majoritaires. La gauche du PS approche les 20%.

Premier constat : les partisants du NON se sont dispersés entre les différentes motions. Mais ils représentent, à l’évidence, toujours une moitié du PS.

Deuxième constat : difficulté à parler au fond. De la crise financière mais plus exactement de la crise économique et sociale. Des moyens à prendre pour lutter contre le capitalisme et son masque actuel le libéralisme. Le choix se concentre plus sur la forme et les « petits nouveaux » (Ségolène Royal ou Benoit Hamon) en ont profité… sans que le fond soit totalement tranché.

Troisième constat : le courage des « mélanchonistes ». C’est dûr dûr de quitter un parti et de devoir tout re-construire à partir de rien. Souhaitons leur de ne jamais oublier la cause du peuple  !!!

Intéressant ce congrès qui n’a pas encore totalement accouché d’une nouvelle donne mais qui augure quand même de possibilités. 

La longue marche continue.

 

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