Mon édito dans le bulletin de Réso d’octobre

Le gouvernement avait prévenu qu’il ne laisserait pas faire. Allait-il exiger de Total et de ESSO d’ouvrir immédiatement les négociations ? Alors que les salariés de ces 2 sociétés étaient en grève depuis 3 semaines pour demander des augmentations de salaire couvrant l’inflation, cela aurait été plus que justifié. Eh bien non, Macron, Borne et leur clique gouvernementale ont choisi de réquisitionner les salariés des raffineries en grève.

Finalement, peut-on s’étonner que ces ultra-libéraux ne s’opposent pas aux 2 groupes qui refusent, depuis 4 mois, d’ouvrir des négociations salariales… mais qui, pour ce qui concerne Total, verse 2,62 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires pour le seul 1er semestre ! Quant au PDG, il s’est octroyé une augmentation personnelle de +52%. Et, n’oublions pas que Macron appelle à la fin de l’abondance, cela bien sûr pour les Français qui craignent la fin du mois, pas pour les « élites » qui s’accordent des privilèges indécents.

Le droit de grève est protégé par la constitution ? Qu’en ont-ils à faire ! De tout temps le patronat et ses chiens de garde n’ont pas hésité à faire jouer de la matraque contre les salariés. Les ouvriers leur ont répondu de la meilleure façon possible : la raffinerie de Donges vient de rejoindre le mouvement.

Ce mouvement nous rappelle que rien ne s’obtient sans rapport de force. Ce rapport de force a été obtenu par les travailleurs en grève avec leurs organisations syndicales CGT et FO. Que dire dans ce cadre de la CFDT qui a annoncé refuser la grève et profite du rapport établi pour négocier… au rabais. Qu’est devenue la grande organisation d’Eugène Descamps…

Macron est au service de la Finance. Rien de neuf. Mais 2 points apparaissent de plus en plus nettement.

-D’abord le fait que les serviteurs de la finance se croient au-dessus des lois. En ce moment même, 5 proches de Macron ont des difficultés judiciaires : Alexis Kohler pour avoir favorisé MSC le 2ème armateur mondial avec lequel il a des liens familiaux, Eric Dupont-Moreti en problème avec la Cour de Justice de la République pour prise illégale d’intérêt, Gérald Darmanin dans une affaire de relations sexuelles, François Bayrou dans une affaire de complicité de détournement d’argent public, Sébastien Lecornu, ministre des armées, sous le coup d’une enquête de Parquet national financier pour prise illégale d’intérêt. Ca fait beaucoup pour des gens qui donnent des leçons de sobriété aux Français !

-Une majorité très à droite, très anti progressiste, se dégage à l’Assemblée nationale : pour mener cette politique les macronistes reçoivent le soutien sans faille de la droite classique et de l’extrême droite, de LR au RN, ce dernier refusant de voter une hausse du SMIC et s’abstenant sur le rétablissement de l’ISF !

Dans ce cadre, le projet de budget arrive à l’Assemblée nationale. Le gouvernement, n’a pas hésité à avoir pourra avoir recours au 49-3…

Voyons ce projet à travers 3 exemples significatifs.

-Le fameux « bouclier tarifaire » (un bouclier c’est bien sûr un pansement, pas un médicament : pas touche à la philosophie libérale !) devrait être reconduit mais en encore moins ambitieux : il s’agirait de limiter « les hausses de prix à 15 % pour le gaz en janvier 2023 et à 15 % pour l’électricité en février 2023 »… une paille ! De plus, ce dispositif est foncièrement inégalitaire puisqu’il profite proportionnellement plus aux classes privilégiées. Même principe pour la réforme de l’imposition indexée sur l’inflation. De fait, comme le souligne Henri Sterdyniak, les pseudos dispositifs pour protéger le pouvoir d’achat ne sont que poudre aux yeux et « la loi de finances rectificative pour 2022 comporte une hausse de 3,5 % du point d’indice de la fonction publique, entérinant donc une baisse de 6 % de son pouvoir d’achat ».

- La suppression de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) qui concerne les entreprises de plus de 500 000 euros de chiffre d’affaires et abondait jusqu’ici les caisses des collectivités locales (communes, départements, régions) à hauteur de 8 milliards d’euros par an, pose un réel problème à ces collectivités qui, non seulement, doivent faire face à l’augmentation de l’énergie et à l’inflation, mais héritent du transfert de nombreuses charges sociales dont le gouvernement leur a fait cadeau sans le financement correspondant.

-Dans le cadre de ce débat la taxation des super-profits va revenir sur la table. Mais pour Macron, c’est clair : « tout sauf la fiscalisation des superprofits ». Lors de la conférence de presse qui suivait son entretien avec le chancelier allemand, il l’a confirmé : La France et l’Allemagne défendent « un mécanisme de contribution européenne qui serait demandé aux opérateurs énergétiques pour ceux dont les coûts de production sont très inférieurs au prix de vente sur le marché ». Il s’agit d’essayer de renvoyer la question à Bruxelles.

Enfin, la réforme des retraites est toujours sur la table et je vous invite à lire notre « Place au débat » qui y est consacré ainsi que, plus généralement, au PLFSS.

Bref la rentrée est dure et le combat social doit continuer.

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