Mon édito dans le bulletin de décembre 2018 de RESO

Il a donc parlé. Après 3 semaines de silence devant une révolte populaire d’une ampleur inégalée depuis des décennies, E. Macron s’est décidé à s’adresser aux Français par une allocation télévisée de 13mn. En attendions-nous vraiment quelque chose ? J’en doute. Mais, s’il y avait quelques indécrottables optimistes, les voilà ramenés à la dure réalité. Qu’a-t-il annoncé ?

*Une augmentation de 100€ mensuels du SMIC. Mensonge. L’employeur ne paiera rien ; il n’y aura aucune cotisation (donc de droits liés) sur ces 100€. Il s’agit, en fait, d’une légère augmentation de la prime d’activité payée, elle, par les impôts des Français. Et encore ne s’agit-il que d’une anticipation du rattrapage promis, qui devait se faire en 3 fois (30€ en avril 2019, 20€ en avril 2020, 20€ en avril 2021). Tant mieux pour l’avance… mais il n’empêche que l’augmentation réelle de cette prime d’activité assumée par l’État sera de… 30€ !

*Les retraités sont salués avec insistance… mais récupèrent des miettes : la hausse de la CSG est suspendue pour 2019 pour ceux dont le montant brut de la pension est inférieur à 2000€ ? Chacun a bien compris qu’il s’agit d’un « reculer pour mieux sauter » !

*Autre mesure : la défiscalisation des heures supplémentaires. Qui peut mieux en parler que Castaner, avant qu’il soit ministre ? Je cite : « La défiscalisation des HS, c’est 4 milliards de coût et 100 000 emplois perdus, ne l’oublions pas ». Nous n’oublions pas, Monsieur Castaner : eh oui, à part un nouveau cadeau au patronat, cette mesure n’apporte rien. Que dire de plus ?

*Que E. Macron ose regretter la disparition des services publics… quand il l’organise avec méthode et sans nuance par ailleurs.

*Qu’il n’est absolument pas question de revenir sur la suppression de l’ISF. Quand on est le président des riches, on le reste ! Et on prétend que les pauvres ont bien de la chance d’avoir des riches pour que ça « ruisselle ».

*N’évoquons pas la demande d’E. Macron au patronat de consentir à octroyer une prime exceptionnelle à leurs salariés. Sans commentaire sur le séreux de ces propos ! Ça ne vous rappelle pas une autre « blague », lorsqu’il avait suggéré poliment aux propriétaires de baisser les loyers ? A propos, cependant, il est le « patron » des fonctionnaires. Vont-ils avoir droit à cette prime ?

*N’évoquons pas non plus l’exil fiscal ! Mais sachez-le : ce n’est pas bien. Quand E. Macron veut se donner des airs de président à l’écoute, voilà ce que ça donne ! Il ne réussit même pas à masquer sa condescendance. Il n’a pas, non plus, réussi à tromper.

Ne négligeons pas cependant ce qui apparait comme la première reculade. E. Macron a bien essayé de laisser son fusible de Premier ministre monter seul au créneau. Il a dû finir par accepter de se mouiller. Le « président-financier » cristallise en fait la rancœur –pour ne pas dire plus- des gilets jaunes et au-delà, des salariés, des couches populaires et moyennes qui le manifestent sur l’air de « Macron démission ».

Bref, si ces concessions n’en sont pas vraiment, il en a beaucoup coûté à cet arrogant personnage de venir les exposer, lui-même, devant les Français. Et cela est une première victoire que nous devons à cette mobilisation populaire spontanée.

 Ce mouvement pourrait faire vaciller les libéraux qui règnent sans partage depuis trop d’années au point où Macron se croyait tout permis, y compris un mépris désinvolte pour son peuple. Si à cette révolte populaire se joignait un mouvement social d’ampleur, l’avenir pourrait s’écrire autrement. Que les gilets jaunes et les gilets rouges se rejoignent. C’est l’espoir que nous voulons porter à Résistance sociale.

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