L’ANCIEN PATRON DU RENSEIGNEMENT FRANÇAIS A UNE CERTAINE LUCIDITÉ SUR LA RUSSIE

Quand l’ex-patron de la DGSE explique calmement que l’Occident s’est raconté des fables sur la Russie…
Alain Juillet rappelle trois vérités que nos médias n’admettront jamais :
1️⃣ Pour les Russes, “démocratie à l’occidentale” = chute du niveau de vie, mafias, pillage du pays.
Résultat : Poutine est vu comme celui qui a remis de l’ordre et rendu le pouvoir d’achat et jouit d’une BONNE côte de popularité.
2️⃣ Moscou s’est préparé aux sanctions dès 2016 pendant que l’UE croyait “faire s’effondrer le Kremlin”.
Bilan 2025 : croissance russe positive, Europe en récession.
3️⃣ La Russie a arrimé son rouble à l’or, relançant la doctrine gaullienne que Bruxelles a enterrée.
Rien à voir avec le récit bisounours de nos plateaux TV.

https://www.facebook.com/share/1BCsiL7auq/

Intervention de Fabien Roussel

Lors de la Fête de l’Humanité 2025

Intervention de Fabien ROUSSEL, secrétaire national du PCF à 4:19

https://fb.watch/CeR2rtlN1k/

 

 

Réquisitoire contre l’assignation des femmes au silence et à l’effacement.

Un article de Kamel Bencheikh, écrivain (paru le 11 juillet sur 21.news.be)

On nous dit : c’est un choix.

On nous dit : respectez.

On nous dit : vous ne comprenez pas.

Mais moi, je regarde. Je regarde, et je vois.

Je vois des visages effacés. Des regards baissés. Des rires étouffés dans le coton de la soumission. Je vois des adolescentes qu’on voile à treize ans comme on referme un livre qu’on n’a pas le droit de lire. Je vois des femmes qu’on enferme dans le lexique doux de la piété, dans la cage dorée du « honni soit qui mal y pense », dans la menace feutrée de l’honneur sali.

Le voile n’est pas une étoffe, c’est une frontière.

Ce n’est pas un vêtement, c’est une injonction.

Ce n’est pas un choix, c’est un signal.

C’est l’uniforme d’un ordre ancien qui revient par la petite porte, au nom du droit à la différence, au nom d’une religion dévoyée pour mieux soumettre.

Le voile, ce n’est pas la foi, c’est l’idéologie.

Ce n’est pas le sacré, c’est le politique.

Ce n’est pas l’intime, c’est le drapeau d’un combat contre l’émancipation.

Qu’on ne vienne pas me parler d’orientalisme ou de paternalisme. Je ne suis pas un homme blanc de la rive d’en face. Je suis né de cette rive où l’on coupe les femmes de l’air pour qu’elles respirent moins fort que les hommes. Je suis le frère de ces femmes qui ont dû fuir, qui ont refusé, qui ont été giflées, menacées, répudiées pour avoir voulu vivre tête nue.

Le voile n’est pas toujours imposé par la violence visible. Il l’est souvent par cette sourde pression du groupe, par cette mécanique de la peur qui dit : « Si tu ne te couvres pas, tu salis ton père, tu trahis ton frère, tu fais honte à ta communauté. »

Alors, pour avoir la paix, on cède.

Et ce « choix » n’en est pas un. C’est un renoncement maquillé.

Il y a, dans chaque mètre de tissu, le souvenir d’une femme qu’on a réduite.

Il y a, dans chaque injonction au voilement, l’écho d’un fouet invisible.

Et il y a, dans chaque silence complice, une abdication.

Je ne parle pas de celles qui, lucides, adultes, dans un monde libre, choisissent en toute conscience. Elles sont l’arbre. Je parle de la forêt. De cette armée de jeunes filles qu’on formate, qu’on isole, qu’on stigmatise, qu’on convainc que le monde extérieur est un péché, que leurs cheveux sont une arme, que leur corps est une honte.

Le voile, c’est la traduction textile d’un projet global : faire de la femme un territoire à surveiller, un objet à contenir, une parcelle de pudeur à dissimuler.

Et moi, je dis non.

Non au voile érigé en totem identitaire.

Non au voile comme cheval de Troie d’un islamisme qui dit : « Nous sommes là, nous gagnons du terrain, nous transformons la norme. »

Non au voile qui dicte à la République ce qu’elle doit tolérer pour ne pas « discriminer ».

Car il y a des mots plus grands que tolérance : c’est LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ.

Il y a un principe plus haut que le relativisme : c’est la démocratie.

Je me battrai toujours pour que la petite fille née ici puisse rêver, courir, danser, apprendre, créer, parler fort, aimer qui elle veut et montrer ses cheveux au vent comme un drapeau de conquête. Je me battrai pour celles qu’on bâillonne au nom du sacré, pour celles qu’on couvre au nom du respect, pour celles qu’on efface au nom de l’honneur.

Je me battrai pour que le visage d’une femme ne soit jamais une hérésie.

Je me battrai pour que l’on comprenne enfin : le voile n’est pas neutre.

C’est une frontière qu’on trace sur la peau.

Et chaque fois qu’on s’y habitue, c’est un peu de notre République qu’on retire, fil après fil, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le silence.

MANIFESTATIONS ANTI-HAMAS A GAZA

3 avril 2025 Un article de Philippe Hervé

paru le 30 mars 2025 sur le site du réseau de LA GAUCHE RÉPUBLICAINE, LAÏQUE, ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE

L’immense solitude d’un peuple

Ils avancent en cortège au milieu des gravats des immeubles démolis. La procession progresse lentement dans un chaos de ruines. Mille voix crient leur colère contre la guerre, les destructions et le pouvoir qui les opprime, en premier lieu le Hamas. Nous sommes à Beit Lahia, au nord de Gaza. La ville a été littéralement aplatie par l’artillerie israélienne. L’image est saisissante, elle provoque l’empathie. 18 mois de guerre n’empêchent pas le peuple de Gaza de manifester à visage découvert pour exiger la dignité dont il est privé depuis presque vingt ans déjà. La dignité d’un peuple martyrisé, mais en marche.

 « Hamas terroriste ! »

Les slogans sont clairs et sans ambiguïté : « Hamas terroriste ! »« Dehors le Hamas, allez à Téhéran ! »« Libérez les otages ! ». En hurlant ces mots d’ordre, les manifestants mettent leur vie dans la balance. Lire la suite de ‘MANIFESTATIONS ANTI-HAMAS A GAZA’

Une autre vision de la guerre ukraino-russe

par Natascha Janssen :
 » Ma mère est née dans l’ex-Union soviétique, en Ukraine, où ma grande famille est un mélange de Russes et d’Ukrainiens. C’est pour cela que je me sens appelée à partager ma vision sur les développements en Ukraine. Avec mes racines russe/ukrainiennes, j’aime beaucoup les deux nations, les nations fraternelles centenaires fusionnant l’une avec l’autre. Quand vous avez demandé à ma mère d’origine ukrainienne si elle se sentait plus russe que ukrainienne, elle a répondu : « C’est une question bizarre à laquelle je n’ai pas de réponse. Il y a une différence dans notre langue, notre musique et notre danse mais nos cœurs ne font qu’un.  » C’est ainsi que j’ai été élevé et passé 40 ans — les plus belles vacances de ma vie — dans l’amour et la complicité, vécus en Russie et en Ukraine, dans l’ex-Union soviétique.
C’est bien que tout le monde s’exprime maintenant contre la guerre. Personne ne soutient la guerre.
Mais pourquoi tout le monde était silencieux quand cette guerre a commencé il y a 11 ans ?
Pourquoi tout le monde n’a-t-il pas réagit sur le massacre de milliers de citoyens dans l’est de l’Ukraine ?
Pourquoi tout le monde n’a pas réagit contre l’Ukraine de ne pas suivre les accords de Minsk ?
Où étaient tous ceux qui regardaient ailleurs quand 52 personnes ont été brûlées vives à Odessa ?
Où étaient tous ceux qui pensaient que c’était bien qu’un gouvernement élu de 2014 soit renversé et qu’un grand pays européen ait été pris en charge par une bande de néonazis ?
Où étaient-ils tous quand le régime ukrainien a enlevé aux Ukrainiens russes leurs droits humains fondamentaux ?
Parler russe a été interdit, le droit aux pensions a disparu pour les ukrainiens russes et les enfants qui parlaient russe et avaient des noms russes et qui n’étaient plus les bienvenus à l’école.
Où était tout le monde quand les rassemblements aux flambeaux étaient organisés par des néo-nazis qui criaient des slogans comme « Russes au gaz » ?
Et enfin, où étaient tous ceux qui se taisaient quand de grandes parties de ce beau pays, autrefois la grange à grains de l’Europe, étaient vendues aux banques et aux investisseurs pour une pomme et un œuf, par exemple l’exploitation pour les manipulations génétiques de Monsanto et le dernier d’Europe méga bio industrie ? Ma nièce en Ukraine a vu une telle ferme usine construite devant sa maison. Les cris incessants de ces animaux serrés si proches les uns et puis ces grands silences assourdissants…
Prenez note : en Ukraine, il n’y avait qu’une seule race de bœuf à petite échelle avant que le pays n’entre en possession du bloc occidental.
L’Ukraine est transformée en vassal de l’Occident depuis 11 ans.
Une colonie. Et tout cela au détriment de l’homme, de l’animal et de la nature.
Alors pourquoi seulement maintenant la compassion du peuple est-elle canalisée dans la rage contre la guerre ?
La population ukrainienne vit en guerre depuis 11 ans.
Des centaines de milliers d’Ukrainiens ont déjà fui en Russie, y compris mes proches, comme ma nièce et sa famille.
Bien sûr, je sais que la plupart des gens n’ont aucune idée de ce côté de l’histoire parce que notre service d’information donne une image très unilatérale de la situation.
Je donne maintenant cette information de l’autre vision.
Fais ce que tu veux, mais le silence n’est plus une option pour moi.
Je ne peux qu’espérer que la paix viendra bientôt pour TOUS les ukrainiens et les russes ! “

L’industrie, un combat pour notre pays.

Une campagne à mener pour le PCF, pour la gauche, pour la France, pour les travailleurs.

https://www.pcf.fr/industrie_combat_pour_pays_et_pour_parti?utm_campaign=communistes_1030&utm_medium=email&utm_source=pcf

Article publié dans CommunisteS, numéro 1030 du 19 février 2025.

Pas de peuple sans Nation

Une très belle intervention de Fabien Roussel :

https://www.youtube.com/watch?v=la4wINOT0Ko

Un texte de Didier LESCHI sur l’immigration

Il est frappant, dès que l’on débat d’immigration, de voir à quel point ceux qui contestent la légitimité du sujet essaient de nous faire accroire qu’il n’y aurait rien de nouveau sous le soleil. Il faudrait penser comme une évidence que l’Europe peut être l’arche de Noé des perdants d’une mondialisation dominée par des États autoritaires ou illibéraux. Qu’elle peut être le refuge de tous ceux qui veulent fuir la faillite des régimes ayant trahi les espérances portées par les révolutions décoloniales. Et que nous pourrions espérer en une société heureuse parce que créolisée, grâce conférée par toutes les diversités, qu’aucune frontière n’est légitime à arrêter.
Mais voilà, le réel rattrape nos débats. Et pour cause. Au moment où l’Europe dominait le monde, par le fer autant que par ses innovations, où elle était le lieu d’élaboration et de diffusion de pensées nouvelles et émancipatrices, elle était aussi un lieu d’émigration. Elle a peuplé le monde. Encore en 1960, au moment des indépendances, elle demeurait deux fois plus peuplée que l’Afrique. Aujourd’hui, ce temps est passé. Sa puissance, économique comme démographique, s’est échappée au moment même où elle est confrontée à un désir d’Occident sans limite. Il en résulte qu’il n’y a jamais eu autant d’immigrés en Europe qu’aujourd’hui – de deux à six fois plus qu’en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, en proportion de la population. C’est un fait que l’Europe est ouverte aux différences humaines, culturelles et cultuelles, alors que, dans le Sud, la tendance est à la fermeture, plus ou moins prononcée, à tous les genres de diversité.
L’Europe est accueillante, et cela se sait. Dans aucune autre zone du monde, l’hospitalité n’est si développée, même lorsque l’on a traversé les frontières de façon clandestine. En France, nous mettons à disposition de tout nouvel arrivant nombre de services publics, de l’école à la santé en passant par la sécurité, ou encore l’accès au logement social, afin de favoriser le regroupement familial. Cela sans mesurer si la personne a déjà contribué à l’effort collectif qui permet l’existence de ce bien-être. Et nous ouvrons largement notre nationalité, bien plus que d’autres pays d’Europe.
L’État social peut-il accueillir tous ceux qui y aspirent et donner droit à toute personne de s’installer où elle le souhaite, même lorsque sa situation ne relève pas d’un besoin de protection ? Est-il légitime de réguler les frontières par la contrainte ? Peut-on éluder qu’une part de l’immigration, souvent la moins qualifiée, aggrave des difficultés sociales qu’elle subit plus qu’elle n’en est responsable ? Peut-on fermer les yeux sur le fait qu’en France, selon l’Insee [Institut national de la statistique et des études économiques], le taux de pauvreté des immigrés est de 30,6 % et que les immigrés représentent 21 % des personnes pauvres – une réalité qui accentue la pression sur nombre de dispositifs sociaux ou des services publics ? Peut-on ignorer que ce taux de pauvreté pèse sur une offre de logement social insuffisante, sur des services de soins déjà sous tension et au sein d’écoles où la mixité des conditions fait défaut ?
Il est reproché à ceux qui se posent de telles questions de faire des immigrés les boucs émissaires de nos difficultés. De mauvaises pensées existent, et il faut les condamner. Mais cela ne peut constituer une excuse pour ne pas aborder la question sociale de l’immigration, comme le font une partie des populations résidant dans des zones protégées de la charge de l’accueil.
Comme argument suprême pour ne pas aborder frontalement la question de l’immigration, on nous répond que nous aurions besoin de bras afin de compenser notre hiver démographique. C’est en partie vrai. Tous les Etats membres de l’Union européenne sont en concurrence pour capter les travailleurs qualifiés de pays auxquels ils vont manquer. Cette captation est d’autant plus avantageuse, et injuste, que nous n’aurons pas supporté le poids des formations de ces ingénieurs, de ces médecins, etc. Une sorte de prédation de cerveaux, mâtinée de bons sentiments, est à l’œuvre avec un soutien patronal intéressé. Et il y a ceux, assignés aux métiers particulièrement pénibles, qui participent, malgré eux, surtout quand ils sont sans papiers, au démantèlement des statuts salariés dans le cadre d’une exploitation ubérisée.
Pourquoi éluder les difficultés de l’intégration ? Pourquoi ne pas combattre clairement des idéologies qui remettent en cause nos acquis sociétaux, qui animent des individus qui considèrent qu’en assassinant leur voisin, ou des juifs, ils iront au paradis ?
Se refuser à considérer les effets de l’anomie sociale qui rend plus difficile l’intégration, c’est mépriser ceux sur qui pèse le poids de l’accueil des immigrations, et consolider l’espace politique de ceux que l’on prétend combattre. Ignorer l’angoisse légitime des catégories populaires, pour qui l’Etat social est le bien le plus précieux – quand ce n’est pas le seul bien – et qui ont peur que la somme des pauvretés ne réduise la part de chacun, c’est ne pas comprendre l’attachement aux luttes qu’il a fallu mener pour que cet Etat existe.
La raison sensible des peuples leur dit que les migrations, issues des chaos du monde, peuvent déconstruire les sociabilités au profit de multitudes au sein desquelles le repli sur des communautés d’origines empêche toute convergence dans des causes communes leur permettant de continuer à faire peuple. Se refuser à comprendre ces inquiétudes, c’est se refuser à débattre de l’essentiel au mépris des plus démunis d’entre nous.

Boualem Sansal : Prix international de la Laïcité 2018.

Rappel de son intervention lors de la remise des prix 2018 :

« La laïcité est un chemin de liberté et de paix qui n’interdit ni la tradition ni la religion »

Madame le Maire de Paris
Mesdames et messieurs,

Je voudrais, si vous le permettez, me tourner en premier vers les membres du Jury du prix de la Laïcité, vers sa présidente, Madame Françoise Laborde et vers le président du Comité Laïcité et République, Monsieur Jean-Pierre Sakoun, pour les remercier du fond du cœur pour avoir fait de moi le lauréat 2018 du Prix international de la Laïcité et les assurer de ma profonde gratitude.

Je le sais, et j’en tire une fierté d’autant plus grande, votre geste dépasse ma personne : il honore et encourage toutes celles et tous ceux qui dans nos pays, l’Algérie, et le Maghreb plus largement, se battent durement pour faire avancer l’idée que la laïcité est un chemin de liberté et de paix, de progrès et d’ouverture, qui n’interdit ni la tradition ni la religion, au contraire, le respect qu’elle voue à toutes les croyances les protège également et leur ouvre au surplus des perspectives nouvelles d’épanouissement. Une croyance est d’autant plus forte et agissante qu’elle s’inscrit dans ce processus constant de connaissance de soi et d’ouverture sur les autres. Je vous remercie pour celles et ceux que vous honorez à travers moi et, auxquels croyez-moi je transmettrai votre message.

Je reviens vers vous tous, Mesdames et Messieurs, pour vous dire quelques mots sur la laïcité. Je ne suis pas particulièrement qualifié pour ce faire, étant né et vivant dans un pays qui ne connaît pas la laïcité, ni la démocratie, ni même le plus simple état de droit. J’en ai quand même une certaine connaissance que j’ai tirée de ma longue et attentive observation de la France et de sa fameuse laïcité, et que je voudrais tant voir se diffuser dans nos pays que la religion et la tradition gouvernent beaucoup trop étroitement pour les laisser entrevoir l’intérêt d’un peu de modernité pour améliorer leur quotidien et enrichir leurs aspirations.

J’ai aussi découvert, avec un regret certain, que la laïcité en France semblait ces derniers temps ne plus faire unité et unanimité comme elle l’a fait jusque-là. C’est un grand dommage. Ce serait la fin d’un grand rêve. La laïcité française serait l’objet de tentatives de révision diverses et variées toutes bien argumentées en première apparence, qui entendent l’inscrire dans une autre perspective, plus religieuse que civile. Ce qui peut se concevoir, pourquoi pas, rien n’est définitivement scellé. J’ai aussi entendu bien des gens, de plus en plus nombreux, dire qu’il serait bon que la France se dote d’une laïcité à la carte dans laquelle chaque religion puiserait ce qui lui convient. Ceci aussi peut se concevoir, pourquoi pas, il suffit d’accepter ce qui immanquablement en découlera, des conflits religieux en chaîne et une communautarisation totale de la société.

Le deuxième constat est que de tous côtés la France est sommée de renoncer à sa spécificité. Elle l’est par ceux des siens qui se reconnaissent maintenant une autre identité que française et elle l’est par les institutions internationales, comme la cour européenne de justice, la cour internationale de justice, par la commission des droits de l’homme de l’Onu, par la ligue islamique mondiale, et par des Etats prescripteurs tout-puissants que sont l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Iran, e d’autres encore.

Au vu de cela, la question se pose : la France peut-elle vivre sans sa spécificité et sa laïcité ? A mon avis non, elle serait vite colonisée, elle doit donc les défendre avec force. C’est la mission que le CLR s’est donnée, mais comme on dit en Algérie, une main seule ne peut pas applaudir.

Merci au CLR, merci à son jury, merci à vous tous Mesdames et Messieurs.

Mon édito dans le bulletin de Réso de janvier 2024

La mort de Jacques Delors offre l’occasion de revenir sur la domination -que nous espérons temporaire- de l’ultralibéralisme qui dirige la vie économique et sociale de notre pays et de toute l’Europe occidentale depuis, au moins, Maastricht.

Au milieu des effarants hommages rendus à Delors, je retiens ces quelques lignes de notre amie et adhérente, Françoise Dal, ancienne conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais : « Martine Aubry a perdu son papa et, quel que soit son âge, c’est toujours très triste de perdre son père ; je lui adresse mes sincères condoléances. Jacques Delors a ouvert la parenthèse libérale du premier gouvernement Mauroy en 1983 : elle n’a jamais été refermée depuis. C’était un fédéraliste européen acharné qui a milité pour le oui à la Constitution européenne en 2005, reprise dans le traité d’Amsterdam voté par les parlementaires en 2007 alors que le peuple français l’avait largement rejetée. C’était un vrai libéral … à mes yeux pas un homme de gauche… »

Je parlais « d’effarants hommages ». En effet que dire de l’hommage national qu’a rendu Macron a celui qui est à la source, à la tête de la Commission des communautés européennes et en promulguant l’Acte unique en 1986, de l’ouverture des frontières et de la libre circulation des marchés et des  capitaux au sein d’une nouvelle Europe qui nie l’intérêt des Nations protectrices des Peuples. Il est, par cela, à l’origine de la désindustrialisation de notre pays et en conséquence, du déclassement des classes moyennes et de la paupérisation des classes populaires. Sa « victoire » se concrétisera, en 1992, par le traité de Maastricht qui fait de l’Europe une communauté supranationale niant la souveraineté des Peuples et ouvre la voie à la monnaie unique calquée sur le mark allemand.

On ne peut pas reprocher à Delors d’avoir été fidèle à lui-même ! Sa famille politique, c’est la démocratie chrétienne (à l’allemande ?). D’abord membre du MRP, il naviguera ensuite dans le marais du centre-gauche. Conseiller de Jacques Chaban-Delmas sous Georges Pompidou, il rejoindra la droite du PS aux côtés de Rocard. Il participera largement à l’échec de la gauche de ce parti et parviendra à convaincre Mitterrand de changer de politique et de se convertir à la rigueur économique en 1983.

Au fond, il ne faut pas s’étonner du vibrant éloge de Macron pour le fervent européïste : il en est son digne héritier. Mais, il n’est pas sûr que les salariés français apprécient « La libre circulation des personnes et des biens, des services et des capitaux, le marché unique » ou bien « l’euro dont il pose les bases », ou « la Banque centrale européenne » échappant au contrôle des Peuples mais pas aux intérêts du patronat. Ces mêmes salariés cherchent vainement « l’Europe du dialogue social réconciliant patronat et syndicat (!!!?). Toujours selon Macron, Jacques Delors aurait pris « contre l’inflation des mesures difficiles mais efficaces » comme la « fin de l’indexation des salaires sur les prix et des restrictions budgétaires ». Difficiles pour qui ? Efficaces pour quoi ? Il s’agirait là d’une « œuvre de réconciliation ». Réconcilier « la France (des privilégiés) avec l’Europe (libérale) » sans doute, les Français avec leurs dirigeants sans doute pas ! Quant à « l’Europe de la croissance et de la solidarité », on a beau savoir que, lors des hommages, on raconte n’importe quoi, là, on se demande sur quelle planète vit Macron.

Pas un mot sur nos usines délocalisées aux 4 coins du monde, pas un mot sur le démantèlement de nos services publics, pas un mot sur les salaires bloqués, pas un mot sur le droit du travail réduit, pas un mot sur le chômage de masse qui dure, pas un mot sur l’appauvrissement général de l’extrême majorité des Français et sur l’enrichissement des privilégiés au détriment de la richesse collective…

Ce qui est plus inquiétant, c’est le concert de louanges tenu par une partie du PS. Ont-ils oublié, ceux-ci, au nom d’une appartenance supposée à une bienheureuse Europe mythique, que Delors est un des principaux artisans de la conversion du PS au libéralisme sauvage et, par là-même, du discrédit dont ce parti est toujours l’objet dans une grande partie de l’électorat de gauche ? C’est sous l’impulsion du « delorisme » que le PS au pouvoir a dérégulé comme jamais dans son histoire et comme nulle part ailleurs ! Il n’y a plus de socialistes au PS -ils sont tous partis dans la nature ou, divisés, ont créé de petits partis- mais il y reste de vrais socio-démocrates. Il serait temps qu’ils se réveillent ; ils en avaient, en ordre dispersé, montré quelques signes, entre autres en évoquant la nécessité de tenir un bilan de la gauche au pouvoir. Ceci aurait entrainé une analyse salutaire de l’européïsme béat qui a envahi les esprits. Hélas, on peut craindre, quand, par exemple, on envisage le recours à Glucksman comme tête de liste à l’élection européenne, que ce soit les socio-libéraux qui relèvent à nouveau la tête…

Pendant ce temps, au moment où j’écris ces lignes, Macron pense à remanier son gouvernement. Avec Borne ou sans Borne, that is the question. Question dont, comme la majorité des Français, je me moque : quel que soit le locataire de Matignon -les paris donnent Attal-, Macron ne changera pas sa politique.

En ce début d’année, je nous souhaite un grand mouvement républicain social et laïque, un pays mobilisé non seulement pour empêcher Macron de détruire plus encore les acquis dont nos anciens sont à l’origine mais aussi pour reconstruire cette gauche absente et dont nous avons tant besoin.

Bonne année, militante donc, à chacun de vous.

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